Nos ancêtres ne sont
pas normands
La généalogie des ancêtres du côté Belpaire est
très complète, grâce aux efforts, entre autres, de mes cousins André et Frans
Belpaire et de mon beau-frère Jean Poppe, et on peut la trouver sur internet (geneanet). Dans le bureau de papa, à la
maison de la Bellestraat, il y avait une gravure qui représentait un bel arbre
avec toutes ses branches, et qui remontait très loin. Pour les besoins de ce
récit, je ne vais pas remonter en détail jusqu´au 17e siècle, et je
voudrais juste mentionner quelques anecdotes.
Papa prétendait toujours que les Belpaire
venaient de l’île de Ré, nom qui revient dans tous les mots croisés quand on
cherche une île française de deux lettres (attention, il y a aussi If, près de
Marseille). Malheureusement ce n’est pas vrai, et il y a probablement eu une
confusion quelque part entre Dieppe (Seine-Maritime) et Nieppe (Département du
Nord). Avec ces lettres gothiques ornementées, l’erreur peut sans doute
s’expliquer assez facilement.
Mon père nous racontait aussi, qu’à l’époque
l’île de Ré était un bagne et qu’il ne savait pas si notre ancêtre était
prisonnier ou garde. Pour ma part, je préférais de loin la première option, et
on pouvait alors spéculer que le nom provient d’une « belle paire de
brigands ». C’était une belle histoire, mais malheureusement sans
fondement. En tous cas, l’île est devenue un merveilleux endroit de vacances,
et j’aurais bien envie de la visiter un jour.
D’après des généalogistes plus sérieux, on retrouve
donc un Jean-Baptiste Belpaire, fils d’un autre Jean-Baptiste Belpaire et de
Madeleine de Voë, né en 1680 à Nieppe, dans le Nord de la France, dans la
vallée de la Lys et à environ 15 km de Lille, et qui s’établit comme
agriculteur à Warneton, au Hainaut, en Belgique, tout près de la frontière
linguistique, où il meurt en 1746. Il avait épousé Marie Catherine Gaucquier. La
distance entre Nieppe et Warneton n’est pas grande, il faut juste traverser la
frontière belge, et ce déplacement est donc plus facile à comprendre qu’un
hypothétique long voyage depuis la Normandie.
A défaut d’île de Ré, Nieppe n’est pas mal non
plus. François Joseph Grille décrit la région autour de 1825, comme étant
« sans contredit, une des plus belles qu’il y ait en France. Le paysage
est ombreux et bocager ; le sol est celui d’un jardin ; les champs
sont couverts de moissons […], les chemins sont bordés de peupliers et de
saules : on laisse monter les premiers, on étête les seconds, d’où il naît
des nuances de verdure qu’augmentent encore les couleurs sombres de l’aulne
planté le long des ruisseaux, et la teinte moins foncée de l’orme, qu’on met en
quinconce auprès des châteaux et des fermes ». Tiens, ça me donne envie de
relire « Archives du Nord » de Marguerite Yourcenar. Si vous ne
l’avez pas lu, je le recommande fortement. En attendant, voilà toujours une belle
vue de la Lys à Warneton.
Le fils du second Jean Baptiste, ou un de ses
fils, Pierre-André Belpaire (1715-1766), qui a épousé Marie Bau, est le père de
Sidron (nom original et qui me plaît bien), qui lui est né à Messines en 1751,
épouse Antoinette Harlebeke et meurt à Ostende en 1818. Ils ont huit enfants,
dont mon arrière-arrière grand-père, le fameux Félix-Hippolyte (1803-1877).
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| Eugénie Lansweert et Félix-Hippolyte Belpaire, par leur fils Arthur |
Nous savons à quoi ressemblaient Félix et son
épouse Eugénie parce que leur fils Arthur était sculpteur. De son mariage avec
Eugénie Lanszweert (1810-1877) Félix-Hippolyte aurait eu seize enfants,
tous avec de jolis noms : Céline, Léonide, Louise, Félix, Eulalie, Marie,
Ernest, Julien, Emma, Alexis, Elisa, Gustave, Valérie, Arthur, Raymond et
Pamille. Certains de ces noms me semblent très actuels, et pourraient
certainement inspirer de futurs jeunes parents.
Sur la photo suivante on voit Arthur, le numéro
14 de la famille, posant avec le buste de son père qu’il vient de terminer. On ne sait pas qui est la curieuse qui regarde par la
fenêtre derrière lui. Probablement s’agit-il de la sœur d’Arthur, Elisa.
Celui qui nous intéresse le plus est donc cet Arthur,
mon arrière grand-père, né à Bruxelles en 1849 et mort à Roeselaare (Roulers)
en 1909. Son épouse est Elisabeth Royon (1847-1882?). D’après mon cousin
Frans, Elisabeth serait morte à 35 ans, donc en 1872. Ce qui est intéressant
est de voir comment les noms flamands et francophones se mélangent au cours des
générations et comment la famille se déplace de ville en ville, mais jamais
très loin.
Mes grand-parents
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| Mon grand-père Joseph, enfant et adulte |
Leur fils, Joseph Belpaire, né à Termonde (1875-1920),
habite Saint Nicolas, Kasteelstraat (rue du château, mais il n’y a pas de
château dans cette rue, que je sache) et épouse Josepha De Decker (1873-1947).
Il tient une quincaillerie, peut-être héritée de son père Arthur, ou ce qu’on
appelait « le magasin de fer ».
La légende familiale raconte que Joseph avait
une santé fragile quand il était petit, et que le médecin avait prescrit de
mettre l’enfant dans une prairie, accompagné d’un mouton, pour qu’il prenne des
forces. Malgré ce traitement naturiste, mon grand-père est mort très jeune, à
45 ans, quand ses enfants avaient entre 19 et 12 ans.
Ma grand-mère paternelle, elle, est décédée à
74 ans, quand j’avais un an, et avait une réputation de sévérité terrible, je
ne sais pas si méritée ou pas. D’après mon père, elle avait avalé un parapluie
(fermé heureusement) et se tenait toujours très droite sans s’appuyer au
dossier des chaises, et d’après ma mère, elle sonnait la bonne pour lui faire
ramasser une épingle chaque fois qu’elle en avait fait tomber une en faisant de
la couture. Maman disait que sa belle-mère lui faisait très peur.
Veuve avec une fille et quatre fils
adolescents, elle ne devait pas avoir la vie si facile.
Malheureusement sur la photo du médaillon, où on la voit assez jeune, elle avait le nez tronqué, j’ai donc dû le reconstruire comme j'ai pu. D'après le style de l'oeuvre, on peut croire que le portrait a été fait par son beau-père Arthur.
Malheureusement sur la photo du médaillon, où on la voit assez jeune, elle avait le nez tronqué, j’ai donc dû le reconstruire comme j'ai pu. D'après le style de l'oeuvre, on peut croire que le portrait a été fait par son beau-père Arthur.
Il y avait aussi un très beau portrait d’elle, plus âgée, fait au fusain par
mon oncle Jacques, et qui se trouvait au-dessus de bureau de mon père à la
maison. Je ne sais pas ce que ce portrait est devenu.
Josepha De Decker
Sa fille aînée, Marie-Antoinette (1901-1935)
est décédée à 34 ans. Je n’ai aucune idée des circonstances, mais apparemment
elle était célibataire. Ma sœur Nénette a hérité du nom. J’ai toujours cru que
Marie-Antoinette était morte adolescente, j’ai dû mal interpréter le mot
« jeune ». Dans les romans que je lisais, c’était évidemment le
summum du romantisme de mourir à quinze ans.
Deux célébrités
Parmi les célébrités de la famille il faut
nommer Alfred Belpaire (1820-1893), neveu de Félix Hippolyte, inventeur d’un
foyer à charbon plus efficient pour les locomotives à vapeur. Son invention eut
beaucoup de succès, surtout aux Etats-Unis, où je peux m’imaginer comment ses machines
aidèrent à conquérir le Far West, mais il faudrait vérifier les dates.
En
cherchant le nom Belpaire dans l’internet, c’est généralement sur son portrait
qu’on tombe, et on y trouve aussi toute une série de belles photos de
locomotives anciennes. Celles-ci peuvent
également s’admirer au Musée Ferroviaire de la Gare du Nord à Bruxelles,
malheureusement le musée n’ouvre pas souvent ses portes, et en général, quand on arrive à la gare, on est pressés de prendre le train.
L’autre personne renommée, du moins dans sa
ville d’Anvers, est Marie-Elisabeth (ou Marie-Elisa), plus connue comme Mamieke
Belpaire (1853-1948).
Elle fut éducatrice, poète, traductrice, fondatrice de
revues littéraires et de deux écoles pour filles, lesquelles portent encore son
nom.
Je n’ai pas pu retrouver la relation familiale précise, mon père se
referait à cette branche simplement comme « les Belpaire d’Anvers »,
mais ne les fréquentait pas. Sans doute faut-il remonter à l’un des seize enfants
de Félix-Hyppolite pour retrouver le chaînon manquant.
Mamieke Belpaire
La génération de mon
père
Les quatre fils de Joseph et Josepha étaient
Arthur (1903-1977), Etienne (1904-1983), André (1906-1965) et Jacques
(1908-1960). Mon oncle Arthur est le seul qui a fait des études universitaires,
et est devenu avocat et puis juge, d’abord à Gand et ensuite à la Cour de
Cassation, où il avait son bureau dans l’horrible et colossal Palais de Justice
à Bruxelles. Il a eu deux enfants : Joseph, avocat et juge comme lui, et
Marie-Hélène (Mimi), licenciée en langues classiques (latin et grec). Je vous les ai déjà présentés dans un autre chapitre.
Mon père et oncle André avaient repris et
agrandi le « magasin de fer » en développant la fabrication
d’appareils de chauffage et cuisine d’une part, et de matériel électrique dans
le cas d’oncle André. Au début, les deux usines se trouvaient à Saint Nicolas.
Mon oncle Jacques, le plus jeune, était artiste peintre paysagiste. Il épousa « l’autre » tante Yvonne.
Ils n’avaient pas d’enfants. Jacques Belpaire est décédé à 52 ans.
Oncle André et tante Gérarda avaient une flippée
de garçons et une seule fille : Georges, Thérèse, André, Paul, Frans,
Raymond et Philippe, si je n’en oublie aucun. Quand j’avais quatorze ans je
faisais du baby-sitting pour les enfants de Paul. Frans était dans la même
classe que mon frère François, ce qui causait parfois des confusions. Raymond
et Philippe m’étaient les plus proches en âge.
Etienne Belpaire, mon père, s’était marié en
1933 avec Elisabeth (Lili) Rubbens (1911-2003). Leurs fiançailles eurent comme
décor une barque sur l’Escaut, où les frères Belpaire, Etienne et Jacques,
promenaient sur l’eau les sœurs Rubbens, Lili, Mimi et Crico. Je me souviens
bien d’avoir vu les photos de l’époque, mais je ne les ai malheureusement pas.
Ils auraient eu neuf enfants, si ma sœur Pierrette avait vécu.
Sur la photo on nous voit déguisés, je ne sais
plus à quelle occasion : Anne (à gauche) et Jacques (à droite) en
cosaques, Nénette et Tiennot en gitans, François et Cécile en égyptiens du
temps des pharaons, Christine en bouton de rose. Marthe, trop petite, était
sans doute déguisée en bébé et n’apparaît pas sur la photo.
Jacques (Jacquot), l’aîné, est décédé le 9 octobre
2010.
Et maintenant…
Parmi mes frères et sœurs, les filles
dominaient donc cinq contre trois. Le seul garçon qui a des enfants est
François, qui en a trois : Julie, Nicolas (le seul qui maintient le nom Belpaire
dans cette branche de l’arbre) et Véronique.
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| De gauche à droite: Nénette, Marthe, Christine, Lili, Anne, Charly, Yves, Maurice, Jean |
Anne, qui avait épousé Charly Lammerant, a eu
quatre filles : Claire, Dominique, qui est malheureusement décédée le 21
août 2013, Pascale et Catherine. Nénette et Jean Poppe ont quatre enfants
aussi : Patrick, Chantal, Nicolas et Martine.
Cécile et Juan Antonio Morales en ont quatre
également : Isabel (née en 1969), Adriana (1972), Esteban (1975) et
Joaquín (1984). On peut voir les quatre petits Morales et leur maison sur la
photo.
Christine et Yves Peeters en avaient
cinq : Marguerite, Pierre, Joseph, Isaac, décédé en 2003 au Kenya, quand
il faisait le tour du monde en vélo, et Myriam. Marthe et Maurice Noben en ont eu trois :
Sven, Olmo, décédé à deux ans, et Tobias. Je vous épargnerai les noms de mes petits-neveux et petites-nièces pour ne pas abuser de votre patience.
Pour mes petits-enfants, les noms prennent une résonnance espagnole. Isabel Morales et Manuel Navarro sont les parents de Cecilia (née en 1993) et Emiliano (1997). Adriana Morales et Benjamin Rodriguez ont un garçon et une fille aussi : Adrian (en 1996) et Valeria (1999). Esteban Morales et Beatriz Tardío ont deux garçons : Nicolas (1997) et Ignacio (1999). A vous de juger, sur cette vieille photo, s'ils ont hérité les talents artistiques de la famille. Si vous voulez savoir ce qu'ils deviennent, maintenant qu'ils sont grands, vous pouvez les chercher dans facebook.
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| En haut, Ignacio, Cecilia et Adrian. En bas, Emiliano, Nicolas et Valeria. |















Chere Madame Cecile Belpaire. Mon pere et ma mere etiaient des grands amis de Jacques Belpaire et Teddy Verwilghen. Ils admiraient les peintures de Jacques. Quand j'etiat un petit enfant ma mere me racontait que j'etais souvent sur les genoux de Jacques Belpaire. J'aimerais - si possible - recevoir un peu plus d'infos sur Jacques Belpaire. Comment est-ce que je pourrais vous contacter ? Avec mes meilleures salutations de Belsele, Jef Ongena.
RépondreSupprimerBonjour Mme Belpaire, je fais des recherches sur Marie-Elisabeth Belpaire d'Anvers et je connais le chaînon manquant de votre relation familiale. Antoine Belpaire (1789-1839) était le fils de Sidron Belpaire et Antoinette Haerelbeke, et donc aussi le frère de votre arrière-arrière grand-père Félix-Hippolyte. Après ça descend en ligne directe vers son fils Alphonse Belpaire (1817-1854) et la fille d'Alphone, Marie-Elisabeth Belpaire à Anvers. Voila le lien manquant! Bien sincèrement, T. Dubois de Bruxelles
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